L’OMS avertit contre les résistances à la monothérapie dans le traitement du paludisme

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti contre l’apparition de résistances au traitement par monothérapie de la maladie du paludisme, à l’origine de la mort de plus de 860.000 personnes en 2008.

L’OMS a dans son dernier rapport annuel sur le Paludisme dans le monde, relevé les progrès réalisés dans la lutte contre cette maladie provoquée par un parasite transmis par les piqûres de moustique. Selon ce rapport, quelque 243 millions de personnes ont été touchées dans le monde en 2008, contre 247 en 2006,  dernières données disponibles de l’OMS, qui a fait état également de la baisse du nombre de décès du à cette épidémie qui a chuté de 2%, soit 863.000 morts contre 881.000, il y a deux ans.

Toutefois, ces améliorations restent toujours, selon la même source, exposées à deux «menaces majeures pour la réussite de la lutte mondiale» qui sont «la résistance des parasites aux antipaludiques ainsi que celle des moustiques aux insecticides».

A ce propos, l’OMS explique cette résistance des parasites au traitement par l’«utilisation d’une thérapie unique faite d’artémisinine». Dans son rapport, l’organisation onusienne a regretté, le fait qu’en dépit de son appel à cesser cette « thérapie », « la promotion de monothérapie à l’artémisinine continue dans de nombreux pays », dont la majorité sont africains.

Cette institution recommande désormais le recours à des associations médicamenteuses, qui comportent cette molécule ainsi que d’autres produits (ACT). Seuls 22 des 68 groupes pharmaceutiques identifiés fin 2008 par l’OMS, avaient déclaré leur intention de cesser de produire et de promouvoir ce traitement tandis que 12 autres avaient déjà arrêté.

Mais dans de nombreux pays où la maladie est endémique, le secteur pharmaceutique n’est pas régulé et «les laboratoires ont tendance à ignorer les recommandations de l’OMS», s’inquiète le rapport, certains profitant même « des niches » laissées par les plus grands groupes qui ont renoncé à la monothérapie.

L’OMS a évoqué également, dans son rapport, la résistance des moustiques aux insecticides qui a tendance à s’accentuer ces dernières années.

S. L.

 

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