La qualité dans les établissements de santé

Par Aomar TACHET

Le monde de la santé connaît depuis plusieurs années une crise qui est à la fois économique, culturelle, éthique et organisationnelle. Les réformes hospitalières se succèdent afin de tenter de maîtriser les coûts, la qualité, l’équité et la sécurité des soins. Si des progrès significatifs sont bien enregistrés ici et là, les résultats ne sont pas homogènes entre établissements et la dynamique des actions d’amélioration évolue encore trop souvent selon le rythme des sollicitations externes.

Le champ des risques en établissement de santé est vaste : risques spécifiques liés aux activités médicales et de soins ou risques cliniques, risques communs à toutes les organisations, comme les risques techniques, environnementaux, mais aussi informatiques, sociaux, financiers. Ces risques peuvent être internes, externes exceptionnels.

Une approche sectorielle des risques s’est historiquement développée : les risques liés aux produits de santé avec les dispositifs de vigilance, les risques liés aux infections nosocomiales, les risques techniques font l’objet d’une réglementation.

Souvent, les professionnels hospitaliers ne perçoivent pas le sens des réformes et font part des difficultés qu’ils connaissent pour les mettre en application : accumulation trop rapide des exigences, surcharge de travail administratif aux dépens du temps consacré au patient, manque de leadership et de soutien institutionnel, défaut d’application des outils de la qualité de la part de l’encadrement, démotivation de certains…

Face à la complexité croissante des processus de soins et des pathologies, les approches sectorielles des risques ont montré leurs limites en termes de réduction et de prévention des risques. Elles ne permettent pas d’introduire la dimension transversale nécessaire à une vision globale et à un management intégré des risques.

Les établissements peuvent s’appuyer sur des outils et des démarches, afin de négocier ce difficile tournant. 

En effet, un certain nombre de leviers peuvent aider à mieux accompagner les changements nécessaires : impliquer l’ensemble des parties prenantes dans des démarches participatives, supprimer les clivages interprofessionnels, développer les actions de sensibilisation et de formation à la qualité, mutualiser les actions entre professionnels et établissements, effectuer le pilotage des actions sur les résultats obtenus, comparer avec des données externes, fixer des objectifs réalistes mais ambitieux, valoriser les actions exemplaires…

Les valeurs préconisées sont celles de la Qualité Totale (Total Quality Management) qui a pour finalité d’augmenter la performance de l’ensemble des processus (le meilleur soin au meilleur coût) pour la plus grande satisfaction du client comme du personnel ; et, plus largement, de satisfaire l’ensemble des parties prenantes : les fournisseurs et prestataires, les tutelles, les actionnaires… Ce type de management réclame un engagement fort de la direction de chaque établissement et une implication active de l’ensemble des personnels, en particulier des médecins et des soignants. Les autorités sanitaires, en particulier sur le plan régional, peuvent faciliter le changement de paradigme nécessaire en mettant en œuvre des mesures d’accompagnement des établissements sanitaires et un pilotage des résultats incitatif.

L’implication nécessaire du top management pour mener le changement permet de conclure par ce credo : « Il n’y a pas de management par la qualité sans un management de qualité ».

Il est plus que jamais nécessaire de maîtriser les coûts, la qualité, l’équité et la sécurité des soins. Des actions sont menées ça et là ; mais si les exigences des professionnels et des usagers sont bien en augmentation, leurs effets ne sont pas toujours ceux attendus. Mal comprises, elles ont tendance à agir négativement sur le moral des professionnels de santé qui voient le temps médical – celui consacré au patient et à la formation – diminuer dangereusement au profit d’activités médico-administratives dont ils ne comprennent pas toujours le sens. Il est donc nécessaire de s’interroger sur les difficultés et les attentes des professionnels de santé afin de proposer des leviers d’amélioration profitables à toutes les parties. Le management par qualité en est un.

Le management comprend l’ensemble des techniques qui sont mises en œuvre pour administrer un organisme. Il a pour objectif de faire agir les différentes composantes de l’entité en symbiose, de les amener à participer collectivement à la réalisation d’un même projet et de faire que cette synergie profite à l’ensemble des parties prenantes. Afin que chacun connaisse le rôle qu’il doit jouer, il faut une organisation, un cap à suivre et un pilote.

Au système autocratique dont on connaît les limites – il a tendance à évincer les meilleurs plutôt qu’à les utiliser, le management de la qualité préconise une démarche participative ; car la qualité ne se décrète pas en haut lieu : elle doit être intégrée chaque jour dans la pratique des professionnels de terrain, ceux qui réalisent le produit ou le service, dont c’est le cœur de métier.

Le management de la qualité est une exigence commune à toute entreprise qui veut rester compétitive. Le système de management préconisé par les normes ISO 9000 est un modèle qui vise la maîtrise des processus et l’amélioration continue du service rendu au client : c’est lui qui, à terme, doit être satisfait du produit ou du service qui lui est destiné ! Mais pour pouvoir se développer durablement, il est nécessaire aujourd’hui d’avoir une vision plus ambitieuse. Le concept de TQM2 (Total Quality Management) s’adresse aux organismes qui veulent aller plus loin en recherchant l’efficience de leurs activités, c’est-à-dire l’efficacité au moindre coût. La Qualité Totale, représente un changement de paradigme important : elle considère que toutes les parties prenantes sont à la fois clientes et partenaires des démarches d’amélioration. L’objectif est l’excellence de l’entreprise, c’est-à-dire le développement continu de la performance de l’ensemble des processus, au bénéfice de tous : clients, employés, prestataires, dirigeants, actionnaires, tutelles…

Les établissements de santé n’ont pas encore atteint la maturité nécessaire pour s’appuyer sur un référentiel qui prône le TQM : les résistances au changement restent importantes, essentiellement par défaut de culture qualité partagée par tous. Partant de ce postulat, la problématique est de rechercher des facteurs qui limitent le développement du management par la qualité dans le monde de la santé. L’objectif est de réaliser une photographie d’étape sur les freins qui existent en matière de démarches qualité dans le monde hospitalier et de proposer un certain nombre de leviers d’actions : quelles sont les difficultés rencontrées par les professionnels ? Quelles sont leurs attentes ? Comment favoriser la mise en application pérenne d’un management par la qualité dans les établissements de santé ?

L’historique de la démarche qualité qui s’est développée initialement dans les entreprises industrielles s’est en effet étendue à l’ensemble des domaines, notamment celui des services. Le travail s’appuie sur les 4 dimensions du management, que sont les dimensions «stratégique », «structurelle », « technique » et « culturelle » qui caractérisent le management interne d’un établissement. Une dimension supplémentaire a été ajoutée, dénommée « réglementaire » ; elle nous semble justifiée par le fait qu’un hôpital ne se gère pas comme n’importe quelle entreprise et que ce type d’établissement a des contraintes spécifiques qui limitent ses choix stratégiques, politiques, structurels et culturels. Les principaux leviers susceptibles de motiver les professionnels à s’engager activement dans les démarches qualité ont été rassemblés suivant 09 préconisations : «donner du sens», «structurer», «piloter», «communiquer», «former», «évaluer», «valoriser», «mutualiser» et «pérenniser». Ces facteurs sont interdépendants. Chacun est susceptible d’avoir des effets sur plusieurs dimensions du management. Les programmes de gestion des risques révèlent également l’importance d’une politique de veille constante permettant d’identifier le plus tôt possible les dysfonctionnements.

 Les enjeux humains et sociaux

Les dysfonctionnements, les évènements indésirables et les incidents, plus ou moins graves, qui entravent quotidiennement le déroulement normal du travail ont des conséquences néfastes sur le personnel, sur la qualité des soins et sur les coûts.

Ils entraînent de la non-qualité produite, de l’insatisfaction, des tensions et des litiges. Des conséquences juridiques ou judiciaires sont de plus en plus fréquentes, d’autant plus que la contrainte réglementaire augmente. L’activité sanitaire évolue inexorablement d’une obligation de moyens vers une obligation de résultats.

 Les enjeux économiques

La non-qualité coûte chère. Les dysfonctionnements entraînent des coûts de « réparation » appelés coûts de la non-qualité ou coûts cachés. Les coûts qui affectent la performance économique de l’organisation, échappent souvent aux procédures de comptabilisation. La démarche de certification associée à la maîtrise des dépenses de santé introduit la notion de rapport qualité/prix en santé.

Plus précisément on peut citer deux  raisons particulières au développement des démarches qualité en santé:

 

L’obligation de maîtrise des dépenses de santé

Une démarche qualité bien menée et efficace permet de diminuer les coûts de non-qualité et donc de maîtriser les dépenses de santé.

 L’évolution des mentalités et la poussée du consumérisme

Les mentalités évoluent. Les patients deviennent beaucoup plus exigeants et plus soucieux de la qualité des soins que par le passé, plus critiques, plus conscients de leurs droits, plus avertis, plus éduqués. Aujourd’hui les médecins et les établissements de santé doivent accepter la concurrence et l’évaluation, ils doivent être à l’écoute des usagers ouverts sur l’environnement. Conséquence de ces évolutions, le consumérisme a fait son entrée à l’hôpital

 Conclusion

 Dans l’entreprise, c’est la concurrence et la pression économique qui sont à l’origine du développement de la démarche qualité. La certification est le fruit d’un travail reconnu par un organisme officiel suivant un référentiel international. C’est la satisfaction de voir déclaré atteint, un objectif fixé par une entité compétente. Mais c’est aussi la garantie de la mise en œuvre d’une organisation adaptée qui formalise les relations internes du type «client/fournisseur».

La certification est la concrétisation d’une démarche qui prouve la qualité d’un service vis à vis de ses partenaires externes, qui, eux-mêmes, ont été validés sur le même référentiel. Les actions de partenariat, de ce fait, devraient se développer puisqu’elles reposent sur les mêmes préoccupations organisationnelles.

Dans les services et en particulier dans les établissements de santé, c’est l’obligation de maîtriser les dépenses de santé, l’évolution démographique, l’évolution des mentalités et la médiatisation de la santé, l’augmentation des contraintes réglementaires, les problèmes organisationnels.

 Pour le service biomédical, la certification peut être aussi, et surtout, un outil de management et d’amélioration des pratiques. L’OMS, recommande que la démarche qualité en milieu hospitalier, doit permettre de garantir à chaque patient l’assortiment d’actes diagnostiques et thérapeutiques qui lui assurera le meilleur résultat en terme de santé, conformément à l’état actuel de la science médicale, au meilleur coût pour un même résultat, au moindre risque iatrogénique … ».

* TACHET Aomar : Ingénieur Polytechnicien, Consultant auprès de divers organismes du secteur public et privé

Démarches qualité à l’hôpital, changements symboliques des

Il y aurait à travers la mise en place de la qualité à l’hôpital, une nouvelle manière de voir et de concevoir le travail qui cherche à se substituer à des logiques professionnelles anciennes. En traitant de l’intervention de la communication et du management, nous cherchons à comprendre les changements qui touchent désormais les mentalités des professionnels hospitaliers.

 

 

Par Mouna EL GAIED*

 

Introduction

Les démarches qualité ont fait leur entrée dans la sphère hospitalière publique en France pour en constituer une des principales préoccupations des responsables dans les établissements de soins. Pourtant, le mot qualité recouvre pour les professionnels hospitaliers, des préoccupations éthiques qui fondent leurs métiers.

Ces changements difficilement dissociables de l’intervention de la communication qui les légitime se situent au niveau du sens et du type de rapport que les professionnels ont vis-à-vis de leur travail. Ceci est d’autant plus vrai que le passage à l’écrit par la formalisation des procédures dans un milieu où la dimension relationnelle est toujours déterminante, risque de transformer les mentalités et les rapports au travail.

 

1. Le propre des démarches qualité à l’hôpital

Parler de nos jours de démarches qualité dans le milieu sanitaire reviendrait à interroger une réalité multiple, mais qui fait toutefois référence à quelques aspects inchangés à travers lesquels nous aurons la possibilité d’en cerner les contours. Définir ces démarches par rapport à certaines de leurs récurrences, tel est notre objectif ici. Autrement dit, on mettrait désormais sous le couvert de la « qualité », non seulement tous les efforts de standardisation, d’objectivation et d’évaluation des pratiques selon le principe «d’écrire ce que l’on fait et faire ce que l’on écrit», mais aussi tout ce qui viendrait assurer et concrétiser cette nouvelle conception du travail.

Pour cela, l’apparition au sein des hôpitaux de nouvelles structures dont la fonction est entièrement dédiée à la gestion de la qualité constitue un des symptômes de la mise en place, bien effective, du système qualité dans ces établissements.

Cette concrétisation est d’autant plus justifiable qu’elle vient répondre à une obligation pour les structures de soins, et ce depuis la réforme hospitalière de 1996, à s’engager dans une procédure d’accréditation, laquelle est un processus d’évaluation réalisé par un organisme externe ; l’ANAES (Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé), et depuis 2005 par la HAS (Haute Autorité de Santé) par rapport à la norme donnée par le référentiel d’accréditation (Ordonnances 96-358 du 24 avril 1996).

Quelques aspects immuables constituent de notre point de vue le propre des démarches qualité en général. Nous évoquons donc ces démarches ici en essayant d’identifier les différents éléments qui les composent. Ainsi, nous les associons essentiellement à :

- La formalisation selon le principe d’«écrire ce que l’on fait et faire ce que l’on écrit» ;

- L’apparition de nouvelles structures à l’hôpital, des services chargés de la mise en place et de la conduite de la démarche, des cellules qualité au niveau des unités de soins et autres, des formations qualité en direction des professionnels. Autrement dit, toutes les tentatives d’introduire une gestion par la qualité à l’hôpital ;

- L’évaluation et le contrôle aux termes de la procédure d’accréditation, mais aussi par le biais des audits internes et des autoévaluations.

 

1.1. La formalisation des pratiques

Le terme « formalisation » revient à donner à un système informel de connaissances des caractères formels, comme la formalisation des savoir faire professionnels habituellement menés sur le tas et donc vécues sur une base de communication orale spontanément présente dans les situations d’interactions intersubjectives. Contrairement à cela, la théorisation par la formalisation de ces savoir-faire nous plonge dans une autre logique, celle de la réflexion qui elle, repose sur une communication moins spontanée et plus élaborée, à savoir la communication écrite.

Dans ce contexte, une formalisation nécessite que les activités professionnelles, ou du moins celles qui sont censées refléter au mieux le contenu du travail, soient décomposées en processus, autrement dit reprises selon un schéma assez précis d’actions successives que les professionnels se doivent après de respecter. A travers la formalisation, et au-delà de cette «décomposition» des tâches, c’est toute une vision du travail fourni qu’on chercherait à imposer. Le système documentaire ainsi établi va constituer en quelques sortes «la mémoire d’un travail bien fait» à la fois mûrement réfléchi et applicable en toute situation.

D’une manière classique, le système documentaire relatif à la qualité est constitué des éléments suivants :

- le manuel qualité à l’échelle de l’établissement décrivant les grands principes de fonctionnement du système de gestion de la qualité de l’établissement, autrement dit l’ensemble des dispositions destinées à apporter la preuve que les protocoles et recommandations pour les professionnels sont mis en oeuvre afin de répondre aux besoins des usagers.

- le livre des procédures ou plus justement l’ensemble des classeurs disponibles au niveau de l’unité fonctionnelle elle-même, et regroupant les documents (procédures, protocoles, référentiels, fiches techniques) qui participent à l’amélioration de l’organisation et de l’activité du service.

Ainsi, chaque service ou unité fonctionnelle dispose d’un «livre des procédures» incluant les documents qualité communs à tous et d’autres qui lui sont propres. Par exemple, les procédures relatives à la «dialyse» ne sont présentes que dans les unités de soins concernées par cette technique.

Le responsable du service et le référent qualité de chaque service sont chargés de son archivage et son actualisation, moyennant une liste de mise à jour distribuée par le service qualité.

 

1.2. Le management et la participation

Le management et la qualité sont souvent perçus comme les deux facettes d’une même réalité. Hans Ulrich définit le management comme «un ensemble d’activités nécessaires à la conception, au contrôle et au développement de systèmes sociaux déterminés» (Ulrich, 1989). Ces activités sous-entendent, pour les responsables d’établissements, la capacité de concevoir une représentation du système dont ils font partie afin de pouvoir y agir (y mettre la main, maneggiare) (Ducalet, Laforcade, 2000).

L’acception contemporaine du management concerne tout autant la dimension stratégique que celles de l’animation et de la gestion des ressources humaines (Ducalet, Laforcade, 2000). La qualité qui cherche fondamentalement à s’imposer parmi les différents changements auxquels l’organisation est confrontée, a nécessairement besoin de légitimation. Elle fait, pour y parvenir, appel au management comme moyen de gérer le social et susciter son adhésion.

De là, nous nous rendons compte que ce système qualité reposerait sur une gestion des subjectivités cherchant à mobiliser à l’intérieur de l’hôpital les professionnels autour des objectifs des décideurs en matière de mise en conformité des pratiques, de l’organisation et enfin des modes de pensée.

Dans le cadre des formations à la qualité par exemple ou encore des systèmes qualité des services SQS (l’équivalent des cellules qualité), les personnes qui y participent se voient confronter à ce type de management dans la mesure où, on cherche à provoquer chez eux l’adhésion aux changements occasionnés par la mise en place du système dans l’établissement. Ce management comprendrait, dès lors, une fonction de l’ordre du symbolique qui, comme le souligne B. Floris n’est pas restée l’apanage du secteur privé. Bien au contraire, l’entreprise privée étant devenue «le modèle d’identification sociale et de légitimation institutionnelle» (Floris, 1996), elle s’est laissée importer dans le secteur public et l’hôpital ne semble pas avoir échappé à cette «contamination» comme le précisait déjà

J.-P Le Goff en 1995. Il semblerait dores et déjà, nécessaire de faire apparaître les liens, plus au moins implicites, entre ce type de management, la communication faites en direction du personnel hospitaliers et enfin la démarche qualité. Cette dernière, en provoquant des changements de fond par rapport au travail et au sens que les acteurs lui attribuent, aurait besoin de faire appel puis de développer des fonctions de gestion des ressources humaines. Ces mêmes fonctions auraient, à leur tour, la mission de modifier les représentations subjectives pour mieux faire accepter le changement, mais aussi faire asseoir une nouvelle conception de ce monde du travail. La mission des «réaménagements symboliques» est assurée par la communication institutionnelle au sens large du terme. Que faut-il donc entendre par gestion ou ingénierie symbolique dont les fonctions sont désormais confiées à des services spécialisés (services qualité et évaluation, etc.) ?

Sans doute, la capacité de produire et de diffuser des représentations subjectives de la réalité. Celles-ci établissent un lien conventionnel permanent entre des phénomènes physiques sociaux ou mentaux et des significations (symboles ou signes). La fonction symbolique de la communication fait appel à un ensemble d’attributions de sens aussi bien aux objets qu’aux institutions et aux individus qui les intègrent.

 

1.3. L’évaluation et le contrôle à posteriori

L’évaluation est au coeur des démarches qualité. Elle constitue, en effet, le moment où l’on vient mesurer le degré de correspondance entre le travail conçu, autrement dit, reconnu de qualité et décrit dans les procédures, et le travail réalisé par les professionnels. Avec l’accréditation, ayant pour objectif la validation des actions menées par l’établissement de santé et par ses personnels dans le sens d’une mise en conformité des pratiques, l’évaluation vient justement témoigner du degré de correspondance entre les référentiels et le travail fourni.

 

1.4. L’accréditation : le versant officiel des démarches qualité

L’accréditation et la démarche qualité présentent une certaine différence et ne peuvent donc pas être totalement confondues, bien qu’elles soient très liées dans la réalité. Pour mieux expliciter leur principale différence, nous pourrions dire que l’accréditation est le versant officiel des démarches qualité menées dans les établissements de santé, tout comme la certification ISO qui pour sa part, atteste d’un niveau de qualité reconnu des produits ou des services de l’entreprise en question. Vue sous cet angle, l’accréditation apparaît comme un moment important dans le « parcours de qualité » d’une organisation. Pour les managers, elle n’est qu’un des moyens d’atteindre la démarche qualité en rendant possible un constat objectif qui va à son tour aider l’encadrement à remédier aux dysfonctionnements repérés. Dès lors se met en mouvement ce que les managers nomment le « cercle vertueux de la qualité ». D’une façon générale, une démarche qualité est nécessairement plus complète et plus ancrée dans le temps et dans l’expérience d’un établissement que l’accréditation qui elle, relève plus d’une obligation institutionnelle et de ce fait, obéit plus à des contraintes de temps et de mise en application.

 

2. Démarches qualité et transformations culturelles à l’hôpital

A partir de là, nous cherchons à montrer qu’au-delà d’une «culture hospitalière» commune et homogène, chaque corps de métier possède ses propres « sensibilités » et logiques d’où les différentes appréhensions des démarches qualité selon les catégories professionnelles.

En effet, pour chaque corps de métier, et comme nous allons le voir, il y a certains aspects des démarches qualité qui posent problèmes, ce qui revient à dire que chacune de ces catégories professionnelles développe une forme différente de résistance face à ces démarches. Ainsi, pour les médecins par exemple, leur métier a certes évolué dans le sens d’une plus grande «technicisation» rendant possible la formalisation des pratiques, mais ils sont restés toutefois hostiles à toute forme de contrôle et de subordination.

Pour les professionnels paramédicaux, ce qui les incite à rejeter ces démarches, c’est plutôt leur côté procédural. Pour la catégorie de base, le manque de reconnaissance les pousse à «tourner le dos» à ce projet.

L’idée que nous cherchons ici à mettre en évidence tente de démontrer que les difficultés rencontrées par la démarche qualité à s’imposer comme une nouvelle doctrine du travail dans le monde hospitalier, tiennent plus d’un antagonisme entre les logiques symboliques et professionnelles en question que de problèmes d’ordre matériel (manque d’effectifs, etc. ).

Nous traitons de cette question de l’univers symbolique propre à chaque corps de métier en l’associant au fait qu’il existe, à l’intérieur du stock commun de connaissances objectivées, des types de rôles accessibles aux membres de cette même communauté. En conséquence, tout acteur putatif du rôle X peut être tenu responsable de sa fidélité au type, qui peut être appris comme un élément de la tradition institutionnelle et utilisé pour vérifier l’identité de tous les exécutants (Berger, Luckmann, 1996).

En ce sens, la démarche qualité serait en train de vouloir modifier, même en partie, les rôles que sont tenus à jouer les uns et les autres dans un tout cohérent d’actions sociales et de représentations qui les sous-tendent. Un médecin par exemple, se verrait mal, compte tenu de son positionnement privilégié, emprunter un rôle qui n’est pas le sien en acceptant de se soumettre à un contrôle rendu possible par une formalisation et une mise à plat des actes de plus en plus accrues.

 

2.1. L’exemple du corps paramédical

Le caractère institutionnel des organisations du secteur social dont parle C. Le Moënne (Le Moënne, 1998), et plus particulièrement celui du secteur sanitaire, s’observe dans la forte conviction, exprimée par l’ensemble des professionnels et notamment le corps paramédical de ce que leur métier revêt une utilité sociale indiscutable. Au-delà d’une certaine éthique du désintéressement, «l’affirmation de ce que ce type de travail a été choisi parce qu’il « avait un sens », manifeste clairement qu’ils entendent inscrire le projet organisationnel en cohérence avec un projet de société». A partir de là, l’importance de la référence au dévouement et à l’«éthique» dans la construction de la légitimité de ce champ professionnel apparaît comme déterminante.

Dans le prolongement de cette «logique de sens» et en cohérence avec le professionnalisme de métier, les démarches qualité, en imposant une conception procédurale du travail concrétisée à travers les normes, et en introduisant une nouvelle référence pour les activités, autre que la «conscience professionnelle», risquent d’être considérées comme élément perturbateur des identités professionnelles plutôt que moyen d’amélioration du travail.

Ainsi, bon nombre de professionnels interrogés nous ont confirmé cette idée.

«Le relationnel représente ma conception du travail (…) Selon moi, «rationaliser» les soins revient en fin de compte à les «rationner». Un paradoxe apparaît entre la recherche d’une meilleure qualité des soins et le manque de personnel qui se fait de plus en plus sentir à l’hôpital» (Aide Soignante en Gériatrie).

Cette contradiction est souvent mise en avant par ce corps de métier car les démarches qualité apparaissent pour eux comme une façon de «rationner» les soins. En effet, ces démarches sont décrites par nombre de chercheurs comme étant très liées au modèle cybernétique. En se basant sur cette logique cybernétique, l’organisation est assimilée à un système «entrée sortie», se focalisant sur des processus de production qui, cumulés, sont censés représenter toutes ses fonctions (Carayol, 2000).

Est appelé processus « un enchaînement ordonné d’actions et d’événements aboutissant à un résultat déterminé » (Gogue, 1993). Selon lui, l’organisation est conçue comme un ensemble de processus qui s’enchaînent, tels des rouages ou « système dont les variations de sorties dépendent d’un système de causes » (Gogue, 1993).

Les politiques qualité, nous l’affirme V. Carayol, illustrent d’une certaine façon la logique «entrée-sortie» de la cybernétique et le concept de boite noire. En ce sens, le dialogue «client/fournisseur» est défini comme ayant pur objectif d’optimiser la performance globale grâce à la détection, la compréhension et la réduction des problèmes de frontières entre les unités.

On s’intéresse ici aux flux d’entrée et de sortie d’information des unités de production, sans accorder beaucoup d’importance aux conditions de sélection, de construction ou d’élaboration de l’information. L’intérêt pour les interactions se concentre sur celles qui concernent prioritairement l’information opérationnelle. A partir de là, seule l’organisation formelle est considérée et prise en compte : la communication concerne seulement l’optimisation des flux d’information pour assurer «fiabilité» et performance globale.

Contrairement à cela, la qualité chez les professionnels de soins relève d’une «conscience professionnelle» et dépend de la volonté et de l’application de la personne. Il est, en ce sens difficile de concevoir une «qualité imposée» dont la source se définit en dehors de la personne elle-même. «Tout vient de la qualité de la personne qui fait le travail. La qualité du travail dépend de la personne qui l’effectue. Je pense que la qualité, c’est par soi-même qu’on l’améliore» (Aide de laboratoire en Hématologie).

Cette tendance est particulièrement perceptible chez la catégorie des moins jeunes, car comme nous l’affirme cette personne : «Quand on arrive à 50 ans, on a du mal à suivre» (Aide de laboratoire en Biochimie).

Dans cet ordre d’analyse, la nécessité d’améliorer le service au patient, comme le spécifient les discours de l’institution, pourrait être perçue comme une atteinte personnelle et une remise en cause des façons de faire ancestrales.

«Il faudrait consacrer plus de temps au patient car le relationnel fait partie du rôle infirmier. Le soin passe en priorité bien sur. Il se prête à une planification, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons pratiquement toutes nos propres fiches manuscrites. Mais, au-delà de cet aspect purement technique du soin, le relationnel est presque aussi important » (Infirmière en Gériatrie).

D’autant plus que, « l’impératif d’avoir à communiquer dans les organisations au motif de rupture avec les logiques «tayloriennes ou fordistes» n’avait radicalement aucun sens pour un secteur resté massivement néo-artisanal, dans lequel les réunions d’équipes portant sur des ordres du jour flottants et le plus souvent fixés par les participants eux-mêmes, avaient pour objet central à travers des échanges passionnés, l’affirmation des compétences professionnelles assimilées à l’affirmation de soi, de son identité personnelle. Le participatif étant historiquement constitutif d’équipe de travail dont l’efficacité collective était conçue comme la somme des efficacités individuelles, n’apparaissait pas véritablement comme une nouveauté» (Le Moënne, 1998).

D’un autre côté et dans certains cas, les soignants reconnaissent une certaine utilité aux procédures comme par exemple, pour assurer la sécurité transfusionnelle en permettant une plus grande traçabilité des gestes.  

Mais en même temps, ces procédures présentent certaines limites dans leur application :

«Grâce aux procédures, on peut justifier des commandes de matériel, on peut justifier de beaucoup de choses, par contre on ne peut pas justifier le manque de personnel. C’est pareil pour le CLIN, on a des protocoles bien écrits, mais les locaux ne sont pas adaptés. C’est-à-dire que le protocole tel qu’il est écrit n’est pas toujours applicable» (Infirmière en Gériatrie).

Dans le service de gériatrie, le problème de démence par exemple s’oppose à une bonne application des procédures, car le malade n’est pas en mesure de coopérer. Le manque de temps constitue également une entrave à cette application : «Il faut prendre le temps et quelques fois le temps presse, et c’est fait un peu à la va vite» (Infirmière en Gériatrie).

A propos de ces fiches manuscrites, nous constatons également que ce n’est probablement pas l’écrit en soi qui pose problème aux infirmières, mais c’est l’écrit en tant que référence extérieure imposant une certaine façon de faire. Car la formalisation des procédures se traduit par l’élaboration de nouvelles normes, autrement dit de « nouvelles contraintes » pour des professionnels soumis à la nécessité de se conformer à celles-ci. Dans ce genre de configuration, « l’intervention de l’homme au travail s’apparente à un moyen au service d’un objectif : la qualité totale. La qualité vise en ce sens à faire de ce moyen un outil fiable à l’égal d’une mécanique » (Olivesi, 2002).

 

2.2. Communication écrite et nouveaux rapports au travail

Le recours à toute démarche de qualité visant la certification implique une transformation du rapport langagier au travail. Ces transformations découlent de l’obligation de décrire les procédures suivies et de l’injonction à expliciter les règles devant être appliquées dans l’exécution des différentes tâches. Du point de vue de la communication, la prééminence de l’écrit dans l’exercice des métiers revêt pour nous, un double intérêt ; il s’agit d’un changement dans les modes de communication à l’hôpital, mais qui, en même temps, s’accompagne de transformations culturelles et des rapports au travail.

La standardisation du langage qu’entraîne l’application des normes et des référentiels s’explique par deux phénomènes combinés : d’un côté, par l’introduction d’un lexique étranger à celui de l’hôpital, et de l’autre, par le travail d’explicitation du langage courant. Les interventions répétées de consultants dans le cadre de démarches qualité et d’accompagnement du changement conduisent à diffuser et à familiariser le personnel avec les manières de dire et de penser le travail propre à la qualité. La sensibilisation des responsables, mais aussi du personnel d’encadrement, renforce l’importation du lexique de la qualité, puis sa diffusion et enfin son adoption.

Il faut savoir que cette standardisation concerne, dans un premier temps, le langage formel promu par les responsables, et, dans un second temps, elle semble s’étendre aux manières de dire informelles, propres aux diverses catégories de salariés. Le travail de formalisation ne se limite donc pas à une simple retranscription de ce qui se dit oralement. En ce sens, il provoque une transformation plus radicale du rapport au travail, car le fait d’avoir à écrire ce que l’on fait diffère fondamentalement du simple fait d’avoir à le dire.

Non seulement le langage de l’oralité relève souvent d’un usage local découlant des formes de coordinations spontanées entre agents, mais en plus, il ne peut pas être retranscrit tel quel. Autrement dit, il nécessite toujours un effort réflexif de façon à dire ce que l’on fait dans un langage satisfaisant les critères de l’expression écrite (Cochoy, Garel, De Terssac, 1998).

Ce passage de l’oral à l’écrit, c’est-à-dire d’une forme de langage quasi privée à une forme publique, s’opère comme une traduction. «Il s’agit d’exprimer dans un nouveau code, satisfaisant à la fois aux normes d’expression et aux normes sociales, ce qui s’avère initialement vécu et parlé dans un code usuel. Ce passage de l’un à l’autre ne s’apparente donc nullement à une transcription mécanique de ce qui se dit, mais implique un jeu stratégique de reformulation qui met en présence deux formes du langage portées par des intérêts contradictoires. Pour les salariés, tout traduire dans le langage de la qualité, comme le prévoient les démarches qualité, reviendrait à être totalement dépossédé de la maîtrise du langage et en conséquence vivre le rapport subjectif au travail au moyen d’un langage d’emprunt dont se sert l’encadrement pour les diriger » (Olivesi, 2002).

Telle est donc la question, du contrôle et de la domination en relation avec les nouveaux modes de communication répondant aux exigences de la qualité, et par conséquent, des nouveaux rapports au travail que cette communication écrite fait apparaître. En d’autres termes, la formalisation suppose non seulement l’extension du contrôle exercé par la direction, mais aussi le regard d’un intervenant externe, c’est-à-dire celui d’un consultant, d’un certificateur ou d’un expert-visiteur. Le fait de se trouver donc dans l’obligation d’écrire ce que l’on fait traduit l’existence d’un certain rapport de domination dissimulé derrière une adhésion des salariés que le management et la communication permettent de produire.

La standardisation du langage constitue ainsi un puissant outil d’«acculturation managériale». En ce sens qu’«elle requiert une adhésion aux systèmes de représentations sur lesquels reposent les pratiques et se fondent les mécanismes d’adhésion à la qualité. Elle traduit une nouvelle fois le rôle central de la communication dans le déploiement des nouvelles formes de pouvoir qui structurent les pratiques» (Olivesi, 2002).

Ces salariés doivent en effet se soumettre à cet exercice qui consiste d’une certaine manière à avouer la vérité de leurs pratiques, puis à élaborer des normes contraignantes afin qu’on puisse les contrôler ultérieurement. Ceci dit, une telle configuration est susceptible de générer des formes d’«opacité» et de «simulation/dissimulation» de la part des salariés.

A l’issue de notre analyse, il devient possible d’approcher les démarches qualité d’un point de vue purement communicationnel. Ainsi, la «communication-qualité» se trouve associée à au moins deux aspects. D’abord, une communication symbolique ayant pour fonction l’élaboration de représentations allant en faveur des démarches qualité et rendant ainsi possible leur adoption par les personnels. Autrement dit, cette communication vise la légitimation des changements organisationnels en rapport avec la mise en place de ces démarches. Elle a en même temps l’intention de rendre visible (faire connaître, mais aussi faire reconnaître) le système qualité des institutions. Ensuite, nous arrivons à distinguer une autre forme de communication qui se déploie au niveau du travail lui-même en changeant, dans le cas précis des démarches qualité, la nature du rapport au travail par le passage d’une culture orale à celle de l’écrit.

 * Mouna EL GAIED est Maître de Conférences Sciences de l’information et de la communication UFR AES, Université Nancy 2. Elle est également membre du CREM, Université Paul Verlaine-Metz

Jean Marie KURKOWSKI : La qualité par le management, ou comment rendre les hôpitaux des «Maisons de la qualité»

Depuis plus de 32 ans, la démarche qualité et son attribut le management, n’ont cessé de se perfectionner dans les pays développés. Tous les secteurs ont été touchés par ce mouvement de fond. Le secteur de la santé a véritablement pris conscience de son apport depuis 15 ans. A chaque percée dans un secteur donné, les mêmes réactions peuvent être observées. Le dernier en date, concerne les laboratoires d’analyses médicales. S’il y a toujours des leaders qui ont anticipé déjà depuis 10 ans, d’autres considèrent la qualité et le management comme allant de soi et n’y voient pas l’intérêt d’appliquer un référentiel. 

Jean Marie KURKOWSKI ayant accompagné plus de 340 entreprises depuis 1979 a analysé les différents niveaux de compréhension de la démarche qualité et des référentiels normatifs. Il a pu à travers la pratique de différents référentiels (ISO 9001, 15189, 14001, Certipharm, 45011, 17015, 13485, HAS,  EPI, Prix national qualité) extraire les éléments critiques pour construire une «maison de la qualité» agréable à vivre et performante. 

Au départ, la plupart des entreprises «suiveuses» ont comme point de vue de faire vite avec le minimum de coût pour la mise en œuvre de la certification ou accréditation. Cette vision «productiviste» conduit le plus souvent à des rejets, conséquence du manque de sens donné aux travaux demandés. Dans ce type d’entreprise, on mesure bien la carence de management de projet.

 

Quels sont donc les critères de management pour construire la «maison de la qualité» ?

Tout d’abord, la démarche doit être appréhendée comme l’imbrication de poupées russes ou chaque «poupée» a un rôle à jouer. Ainsi, au fur et à mesure de leur emboitement, le management de l’entreprise change de dimension. De fait, la démarche qualité est une formidable manière de prendre du recul par rapport à son entreprise pour faire évoluer tous les niveaux de l’entreprise.

Je ne vais pas ici, redonner toutes les définitions de la qualité, Je vais m’attacher à vous en faire apparaître les différents enjeux.

 

Tout d’abord, la qualité n’est pas une finalité finie

En effet, une quinzaine de concepts qualité ont été mise en œuvre. Nous pouvons distinguer 4 types de famille :

- La conformité des produits (contrôles) ;

- La maîtrise des organisations (assurance qualité, système management qualité) ;

- Le management intrinsèque : intra entreprise (animation qualité de service, qualité globale, qualité intégrée) ;

- Le management extrinsèque : inter entreprise (développement durable)

 

La qualité est  étroitement liée à la pratique du management

Le profil  des managers est fonction de leur vision. Pour résumer nous pouvons distinguer 3 niveaux de management :

  1. Technique : Management autoritaire

  2. Organisation : Management concertatif

  3. Relationnel : Management participatif

Chaque style de management est nécessaire, complémentaire en fonction de la situation.  Cependant, avoir une pratique de management autoritaire avec la qualité globale est incompatible et vice et versa dans certains cas, le management participatif n’est pas toujours approprié pour la conformité.

A une situation ou environnement complexe, le management devra prendre en compte davantage la dimension humaine pour mobiliser toutes les énergies à la création de valeurs ajoutées répondant à des besoins diversifiés. Le management participatif pourrait se définir comme étant de travailler avec et par l’intermédiaire des autres à l’atteinte des objectifs.

A une situation et environnement connu, le management pourra être davantage orienté sur la réalisation des tâches.  La conséquence de ce type de management directif est la création d’un rapport de force entre les parties intéressées sur les aspects économiques et conditions de travail.

 

Les référentiels qualité constituent un niveau minimum d’exigences

Par exemple si l’on considère la réponse aux besoins du client, nous pouvons définir des niveaux d’adéquation différents :

- La satisfaction (exigences normatives) est atteinte par la conformité des produits et services

- La confiance des clients est atteinte par la maîtrise organisationnelle

- Le ravissement des clients est atteint par l’adhésion aux valeurs managériales de l’entreprise.

Chacun des niveaux nécessitent des ressources différentes ou formées à des savoirs de plus en plus sensibles.

 

Les référentiels qualité renvoient à des principes et méthodes d’optimisation de la performance

La lecture approfondie des référentiels renvoie à de nombreuses exigences applicables (plus de 300 dans le cas de l’ISO 9001). L’intégration de ces exigences est difficile même pour les qualiticiens et encore !  De fait, découvrir les principes et les outils en amont de l’exigence permet de mieux appréhender le fonctionnement de la qualité

Nous avons dénombré plus de  20 principes tous aussi intéressantes pour perfectionner la pratique du management. : Orientations générales (stratégie) ; Politique (objectifs/indicateurs) ; Tableau de bord déclinaison des objectifs ; Réglementation (exigences) ; Ecoute et satisfaction client (marketing, veille) ; Approche système, processus ; Revue de Direction, revue de processus ; Programme (planification) ; Coordination verticale transversale ; Plan d’amélioration PDCA (projet) ; Méthode résolution de problèmes ; Validation, Qualification Compétences méthodes ; Approche logigramme procédures instructions ; Analyse des risques (environnement, hygiène sécurité) ; Surveillance (, contrôle, évaluation) ; et enfin l’Audit.

           

Les référentiels qualité ont été bâtis en fonction de la culture du secteur

Les référentiels ont été bâtis en prenant en considération l’impact des exigences sur le fonctionnement de l’entreprise, des processus, des produits, du personnel, des clients. Ainsi, le secteur de la santé se caractérise par sa sensibilité aux risques de la santé (contamination) à l’image du nucléaire caractérisé par celui de la sécurité. Nous pouvons distinguer 3 niveaux d’exigences, les 3 «CO» :

   1. COnformité technique  obtenue par le professionnalisme du personnel et la maîtrise des procédés

   2. COhérence organisationnelle obtenue par la maîtrise du système de management et  des processus et procédures associées.

   3. COhésion  des équipes obtenue par l’animation du personnel.

 

Les référentiels  de la santé  mettent beaucoup l’accent sur les aspects de conformité technique  avec un principe applicable exigé ; l’analyse des risques  (ISO 17025,15189, BPF…). Pour les autres entreprises non marquées par une spécificité de métier remarquable, les exigences liées à la maîtrise du système de management suffisent (ISO 9001 v 2008)

Il est à noter que la norme ISO 9001 peut être complétée par les référentiels qualité en santé plus analytiques. En effet,  leur approche managériale plus globale constitue dans la plupart des cas, la colonne vertébrale d’un système de management.

Les exigences motivationnelles bien que nécessaires ne sont pas abordées dans les référentiels de type ISO. Cependant, ces exigences sont très utiles pour accompagner le programme qualité. Le développement durable est la suite logique de la qualité intégrée (qualité, environnement sécurité). Cependant il dépasse le cadre de l’entreprise et sa relation avec les clients, il concerne la société dans laquelle l’entreprise est intégrée. Il vise à optimiser le compromis  environnement, social, sociétal, et économique. Ainsi, ce qui peut être pertinent à l’échelle de l’organisme ne l’est peut être pas à un niveau plus global de vie en société. (Ex : entreprises énergivores)

L’aspect culturel est donc un élément essentiel d’analyse pour choisir le référentiel adapté. Les métiers de la santé se caractérisent par : la rigueur, L’analyse des risques, hygiène  sécurité, l’administration, le réglementaire, le patient, les conditions de travail, les multi métiers, et l’implication locale. Chaque critère de métier correspond à un processus maîtrisé en découlant. Un référentiel n’est pas un carcan appliqué à l’ensemble de l’entreprise (vision du management autoritaire) mais une référence à partir duquel nous pouvons faire évoluer les pratiques d’entreprises. (Vision du management participatif).

 

La mise en œuvre d’un programme qualité repose sur la pratique de changement

Faire évoluer la maturité qualité de l’entreprise implique le changement de pratiques managériales. Si dans la plupart des cas, la direction et le personnel aspirent à des améliorations, ils mesurent bien vite les nécessaires remises en cause au premier rang duquel se trouve la pratique managériale.  Avec pour conséquence des comportements plus responsables pour le personnel impliqué. Après une phase de sensibilisation ou l’intérêt est manifeste une résistance s’installe lors de la prise de conscience des changements nécessaires. On pourrait citer par exemple pour un management autoritaire, la prise de conscience nécessaire dans le cas de la transparence induite par le système documentaire. Par ailleurs, le changement est envisagé dés lors ou l’on perçoit une situation dramatique, si rien ne se fait. Etre dans le «confort» n’est pas mobilisateur pour changer. Pour accompagner le changement, le personnel doit être aussi rassuré par un plan de vol clair : le programme qualité certification ou accréditation coordonné par une structure de pilotage, la possibilité d’apprendre des nouvelles pratiques et la promotion des résultats ainsi obtenus.

D’une manière générale, la tactique employée pour les changements prend en compte les comportements types du personnel : 03 % de pionniers, 12 % de leaders, 65 % de suiveurs, 15 % de sceptiques, et 5 % d’irréductibles.

 

La mission d’accompagnement de l’entreprise : faire évoluer la maturité qualité de l’entreprise

L’évolution des concepts qualité, démontre la nécessité de faire évoluer la maturité qualité : Faire sans démontrer ; Conformité aux règles définies (produits et services conformes à des spécifications) ; Efficacité  aux objectifs attendus (indicateurs apportant la preuve d’atteinte des objectifs) ; Efficience  des résultats (productivité, rentabilité), et Excellence et amélioration permanente (innovation).

Chaque niveau de maturité implique différents types d’accompagnement : Technique, Organisationnel, et Relationnel.

 

Conclusion

La lecture seule des référentiels qualité ne suffit pas. Encore faut-il créer un état d’esprit qualité. Le management selon l’Iso 9004 donne une bonne base pour acquérir les réflexes qualité. On peut citer la Satisfaction client (écoute), le Leadership (porteur de projet), le Management (animation, coordination), Relation client/fournisseur (relations transversales), Approche systémique (approche globale), Amélioration (progrès), Données factuelles (indicateurs), Partenariat (gagnant/gagnant).

Chaque niveau de l’entreprise doit être engagé dans une démarche d’amélioration

Les 7 «PRO»  définissent les 7 niveaux d’amélioration du plus concret (produit) au plus  conceptuel (Prospective) :

   1. PROspective  (Veille, Vision, valeurs, stratégie)

   2. PROgramme (politiques, coordination projets, déclinaison des objectifs)

   3. PROmotion (communication externe et interne, valorisation de l’entreprise, du personnel, des processus, des produit et services)

   4. PROtection (environnement, sécurité, hygiène, conditions de travail)

   5. PROfessionnalisme (métiers, savoir faire savoir être  formations)

   6. PROcessus (relations transversales et verticales)

   7. PROduit (caractéristiques produits et services, évaluation)

 

Afin de ne pas avoir le sentiment de subir les normes, il est nécessaire d’anticiper. La réflexion autour des besoins de toutes parties intéressées (l’entreprise elle-même, les clients, les fournisseurs, la société, les actionnaires, la direction et le personnel) explique la création des normes.

Enfin, toute démarche ne peut se concevoir, sans la pratique d’une éthique basée sur le triangle de :

- L’intelligence. La capacité d’adaptation des pratiques au contexte. Les «recettes de cuisine» n’existent pas ! Les meilleures recettes sont celles que s’est approprié l’encadrement, le personnel.

- Les Ego. L’égo caractérise l’ambition nécessaire pour développer des activités mais est souvent source de conflit de pouvoir. Avec le temps, la maîtrise des égos est obligatoire pour faciliter la pratique du management participatif. La pratique d’une interrogation personnelle est une source de meilleure compréhension de la nature humaine et donc son acceptation.

- L’amour. Il faut savoir dépasser le jugement de valeur et encourager le regard compassionnel vis à vis de la nature humaine et des disfonctionnements associés. Cela n’empêche pas le respect de règles pour donner des repères et faciliter le «vivre ensemble». Tout l’enjeu de la démarche est de ne pas créer un sentiment de culpabilité et de positiver toute prise d’initiative visant l’amélioration.

E.M.M : Objectif, le montage et la fabrication du matériel médicochirurgical en Algérie

Après une dizaine d’années d’activité dans le domaine de l’importation et de la distribution des équipements médicaux et hospitaliers, la société algérienne Etoile Matériel Médical (EMM) veut franchir un autre palier. Elle se fixe désormais l’objectif ambitieux de passer au stade du montage et de la fabrication des équipements médicochirurgicaux en Algérie.

Sponsor Silver du Salon International de l’Equipement Hospitalier et Médical (SIEHM 2011), EMM a ouvert ses portes pour La Gazette de la Santé. Présentation.       

 

SOCIETE SARL ETOILE MATERIEL MEDICAL (E.M.M), située au 15 Rue Saint Charles, Kouba à Alger, est gérée par M. MADADI Karim. Elle emploie un personnel de 15 personnes.

«La création de notre entreprise a toujours eu pour but de combler un manque évident à l’échelle nationale dans le domaine de la commercialisation d’articles médicaux», a écrit la direction d’EMM dans sa présentation de la société. «Nous avons pu constater au fur et à mesure de la programmation de notre activité, une demande toujours croissante et de plus en plus exigeante sur notre marché que nous satisfaisons en offrant principalement des produits issus d’une fabrication conforme aux normes internationales en vigueur».

Pour le marketing au sein d’EMM, celui-ci «repose sur une fidélisation du client et la mise à sa disposition d’une large gamme de produits. La diversité des demandes nous a amenés à offrir sur catalogues fournisseurs des possibilités d’achat variées pour un article défini avec un rapport qualité/prix imbattable», écrit la direction d’EMM, soulignant que «ce système de commercialisation nous a permis d’acquérir une large clientèle, et un réseau de distribution solide qui nous a permis de couvrir la totalité du territoire national».

«La société E.M.M soucieuse de préserver et de promouvoir encore et toujours ce label, a pour objectif prioritaire le montage et la fabrication des équipements médicochirurgicaux ainsi que la satisfaction des demandes dans les délais les plus brefs et avec le meilleur rapport qualité /prix», annoncent les dirigeants de cette entreprise. En effet, expliquent-ils «grâce à son capital de sérieux, E.M.M s’est forgée un savoir-faire qui lui permet aujourd’hui de bénéficier de la confiance de ses clients».

Ceci explique le choix des produits que la société distribue. Un choix dicté surtout par un impératif essentiel, celui d’assurer la qualité, la performance et la fiabilité à la fois.

Cela a amené EMM à s’entourer de partenaires de réputation mondiale. Parmi ses principaux fournisseurs figurent des entreprises japonaises (Omron Healthcare),  espagnoles (Lessa, Hersill, Sibelmed, St-Emectromedicina, Osatu, Scoop Bexen, Ing Climas, Optomic, Ornalux). EMM  commercialise également les produits des sociétés françaises Holtex et Hysis Medical, et ceux de l’italienne Spencer et de la coréenne Bionics.    

La société E.M.M  dispose d’un réseau de représentants et d’agents agréés qui couvre une place importante dans la distribution et la commercialisation des équipements médicochirurgicaux, offrant une garantie allant de 12 à 24 Mois pour tout matériel fourni par ses soins.

Pour une prise en charge de qualité de l’ensemble des fournitures E.M.M, la société dispose d’un service technique qui, en plus du service après vente prend en charge la maintenance des équipements médicaux et assure également la distribution de la pièce de rechange et consommables.

Pour pouvoir remplir convenablement toutes ces tâches, EMM dispose de 03 importantes Surfaces. D’abord, un Showroom d’une superficie de plus 320 M2, comprenant un espace d’accueil, un secrétariat, un service commercial de 04 postes en open space qui gère les devis, les bons de livraison, la facturation, et le recouvrement. EMM dispose aussi d’un espace d’exposition de matériel et de démonstration des équipements ainsi qu’un d’un espace de stockage pour les besoins journaliers.

Le deuxième espace d’EMM est le siège de sa direction. C’est un immeuble R+2, comprenant notamment un rez-de-chaussée dédié à la maintenance, l’entretien et le service après vente. des Equipements.

Etoile Matériel Médical dispose également d’un entrepôt de plus de 600M2 Situé au N°297 Ouled Benchoubane à Rouïba, dans la banlieue est d’Alger. Cette surface consacrée au stockage de la marchandise est exploitée à 100%.

Une équipe professionnelle assiste et accompagne le client en matière de conseil, études technique et pour fournir tout renseignement utile.

Cette réussite, EMM la «doit au travail d’une équipe motivée et dynamique qui a su répondre aux attentes et exigences de nos clients, instaurant ainsi une confiance mutuelle entre les clients et les fournisseurs. Cela nous a valu une très grande estime auprès de notre clientèle et nous a permis d’élargir nos horizons et d’élargir le nombre de clients et de produits commercialisés», conclut la direction d’EMM.

Entretien avec Mme Naziha Bouamama-Beladi, directrice Marketing et Export de Linde Gas Algérie

Linde Gas Algérie : «La sécurité du patient est fondamentale»

Le groupe allemand Linde, géant mondial des gaz industriels et médicaux, est présent en Algérie depuis plusieurs années. Afin de mieux faire connaitre la filière algérienne de cette multinationale à ses lecteurs, La Gazette de la Santé, s’est approchée de Mme Naziha Bouamama-Beladi, directrice Marketing et Exportation de Linde Gas Algérie. Elle nous en fait cette succincte présentation.      

 

Linde Gas Algérie est la filiale algérienne du groupe allemand Linde, présent dans plus de 70 pays à travers le monde entier  avec plus de 50 000 Salariés activant dans le domaine des gaz  industriels et médicaux.

En Algérie, l’entreprise, compte 608 Salariés, 9 Sites de production, 3 au Centre (Alger, Bouira et Ouargla), 3 à  l’Ouest  (Arzew, Sidi Bel-Abbes, Oran) et 3 à l’Est (Annaba, Skikda, Constantine),  ainsi que 52 Concessionnaires repartis à travers le territoire National.

L’activité principale de Linde Gas Algérie est la production et la commercialisation des Gaz Industriels et Médicaux, ainsi que la satisfaction des besoins générés par l’application de ses gaz dans différents secteurs économiques.  

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest  du pays,  Linde Gas Algérie est le principal fournisseur des gaz Médicaux, ces  gaz sont principalement : l’Oxygène médical, utilisé dans les insuffisances respiratoires, le Protoxyde d’Azote médicinal utilisé dans l’anesthésie, ainsi que d’autres gaz  médicaux qui participent aux soins comme le Dioxyde de Carbone utilisé dans la cœlioscopie.

Linde Gas Algérie développe également une activité revente de matériel médical, visant à la mise en œuvre des applications des gaz médicaux. A cela s’ajoute un potentiel commercial et technique proposant des solutions qui s’appuient sur des technologies innovantes.

Grace à sa flotte de citerne cryogénique de différentes capacités et à ses bouteilles haute pression, Linde Gaz Algérie assure l’approvisionnement en gaz médical, aux principales structures hospitalières se trouvant sur l’ensemble du territoire Algérien. 

Au sein des établissements  hospitaliers, les réseaux pour  fluides médicaux distribuent les gaz à usage médical depuis la source du gaz située à l’extérieur de l’établissement (tank de stockage ou bouteilles à gaz) jusqu’au patient, par l’intermédiaire d’accessoires médicaux dans les différents services tel que, blocs opératoires, salles de réveils, chambres…

Linde Gas Algérie apporte son expertise dans la conception et la réalisation de ces systèmes de distribution pour fluides médicaux au sein des établissements hospitaliers qu’ils soient privés ou public, et propose des prestations d’entretien.

Les Gaz médicaux produit par Linde Gas Algérie sont soumis à des contrôles rigoureux, ces contrôles sont effectués à l’aide de chromatographe.

Ainsi, la libération des lots se fait sur la base d’un bulletin d’analyse attestant de la conformité du produit.

Linde Gas Algérie apporte des garanties pour assurer une qualité et une continuité de prescription des gaz à usage médical, tout au long de l’utilisation des systèmes de distribution.

Quelque soit le besoin du client, la sécurité du patient est fondamentale, de ce fait, Linde Gas Algérie y construit toutes ses propres solutions, produits et services compris.

Entretien avec le Dr Abdenour Aïchaoui, directeur général de 2A2 Medicalys

2A2 Medicalys, au service de la rééducation et de la réadaptation fonctionnelle

La société 2A2 Medicalys est spécialisée dans le créneau très spécifique du matériel de rééducation fonctionnelle, d’hydrothérapie et de médecine du sport. Sa large gamme de produits comprend des appareils et équipements d’évaluation, rééducation et réadaptation fonctionnelles, de kinésithérapie, d’électrophysiothérapie, de mécanothérapie, de médecine physique et sportive, ainsi que des équipements pour centres thermaux ou de thalassothérapie.   

Au fil de ses quatorze années d’existence, 2A2 Medicalys a eu le temps de grandir et d’accumuler une expérience qui a fait d’elle aujourd’hui l’un des leaders du domaine en Algérie. Elle est du reste présente à travers tout le territoire national.

«Cette expérience nous permet de répondre parfaitement et efficacement aux attentes des professionnels en la matière, en mettant à leur disposition des équipements d’une grande qualité professionnelle et répondant aux normes internationales», affirme le docteur Abdenour Aïchaoui, fondateur et directeur général de 2A2 Medicalys, précisant que la philosophie de son entreprise est «de mettre à la disposition des cliniciens et autres spécialistes et chercheurs, les technologies les plus récentes et les plus innovantes pour la prise en charge du patient».

Or, le processus de prise en charge d’un malade se trouve être «complexe», nécessitant donc un large éventail d’appareils et d’équipements. «Le plateau technique de rééducation et de réadaptation fonctionnelle est comme un puzzle. Et pour le solutionner il faut mettre à la disposition du médecin traitant plusieurs appareils et équipements très différents mais aussi complémentaires», explique le docteur Aïchaoui. Cela a amené 2A2 Medicalys à diversifier ses partenaires et fournisseurs qui figurent parmi les leaders mondiaux dans ce domaine.          

Elle est ainsi le représentant exclusif en Algérie de plusieurs sociétés américaines, allemandes, françaises, suisses et italiennes et d’autres pays encore.

«Bien évidemment, 2A2 Medicalys ne se limite pas simplement à la fourniture et l’installation de tous ces équipements. Elle garantit d’abord la qualité et la fiabilité de ses produits et assure en outre le service après vente ainsi que la formation du personnel qui doit manier ses équipements», rassure son directeur général.

Par ce professionnalisme et cette fiabilité, 2A2 Medicalys a pu gagner la confiance des professionnels. En témoigne, le nombre important des spécialistes et autres structures médicales qui sollicitent ses produits et ses services. 2A2 Medicalys est ainsi devenue le fournisseur privilégié des plus grands centres nationaux spécialisés dans ce segment de la médecine. Elle a équipé et doté en appareils plusieurs Etablissements hospitaliers spécialisés (EHS), de Centres hospitalo-universitaires (CHU) et de cliniques privées. Le Centre national de médecine sportive de Ben Aknoun, le centre médico-social de Sonatrach ou encore le centre de thalassothérapie de Sidi Fredj ainsi que plusieurs stations thermales réputées, figurent également parmi ceux qui ont choisi les produits de 2A2 Medicalys.

Par ailleurs et en plus de la tenue périodique, au sein des EHS, de journées d’informations destinées aux praticiens, 2A2 Medicalys organise des séminaires sur les sujets les plus actuels dans son domaine d’activité. En 2009, elle a organisé à Alger en collaboration avec la Société algérienne de médecine et de rééducation (SAMER) un séminaire sur le thème de «prise en charge des pathologies ostéo-articulaires». 

Pour cette année, «nous organisons, le 7 avril 2011 à l’hôtel Mercure d’Alger, une journée scientifique de médecine du sport», indique M. Aïchaoui. Cette manifestation organisée en collaboration avec le Groupe algérien de médecine et de traumatologie du sport (GAMETS) et placée sous le patronage du ministre de la Jeunesse et des sports aura pour thème : «Importance de l’évaluation et de la préparation physique des athlètes de haut niveau». Cette journée sera animée par le professeur Abdellah Merzouk de l’université de Picardie Jules Verne d’Amiens en France, et du docteur Jean-Michel Ferret, ancien médecin de l’équipe de France de football travaillant actuellement au CMS de Lyon. Un aréopage de spécialistes algériens y prendra également part à ce rendez-vous scientifique.

En outre, 2A2 Medicalys participe à des salons professionnels et autres expositions spécialisées qui se déroulent en Algérie afin de faire connaitre les produits qu’elle commercialise et partant la promotion de ses partenaires étrangers. C’est dans cet esprit que 2A2 Medicalys prend part au Salon International de l’Equipement Hospitalier et Médical (SIEHM 2011) au cours duquel elle compte présenter plusieurs nouveautés à l’image d’un appareil isocinétique de Medimex France ou encore d’un appareil robotisé «aide à la marche», du suisse Hocoma. «Nous sommes fidèles au SIEHM depuis sa création. C’est pour nous une fête de la corporation et une occasion de retrouvailles amicales. C’est aussi une opportunité pour les rencontres professionnelles pour la découverte et la promotion des nouvelles créations scientifiques, et ce dans l’objectif louable d’assurer la meilleure prise en charge des malades», a conclu M. Abdenour Aïchaoui.

Azwaw Zaïri

La Pologne et le secteur de la santé, industrie pharmaceutique et matériel médical

Depuis quelques temps la Pologne par le biais du Service de la Promotion du Commerce et des Investissements  de l’ambassade de Pologne à Alger tente de reconquérir le marché algérien. Ce come-back s’effectue notamment par la présence consécutive à toutes les foires sectorielles, dont le SIEHM, les missions d’hommes d’affaires polonais en Algérie, et des contacts individuels et directs entre les entrepreneurs des deux pays.

La Pologne est une valeur sure parmi les pays membres de l’Union Européenne. Elle apporte  sur le vieux continent une nature non polluée et une agriculture pro-écologique. La Pologne est connue en Europe également pour son industrie pharmaceutique : génériques, plantes médicinales, produits herboristes, cosmétiques de qualité reconnue et de renommée internationale; par ses stations thermales assurant les traitements médicaux de qualité, les eaux minérales constituant une des richesses du pays à l’exemple la source de «Zuber» à Krynica, la plus importante résurgence alcaline connue en Europe. Le pays reçoit chaque année des nombreux hôtes venus pour des cures de renouveau biologique (de remise en forme ou de soins de beauté) ainsi que pour des interventions médicales spécialisées. Même les sportifs algériens de haut niveau apprécient les services offerts par des sociétés polonaises spécialisées, comme la compagnie BEDNAREK SPORT  travaillant avec des clubs  algériens pour mieux préparer les athlètes à des futures compétitions.

La Pologne dispose de quarante-trois (43) stations thermales, de boues tourbeuses, de gaz thérapeutiques et des conditions climatiques nécessaires à la balnéothérapie classique. Les établissements thermaux proposent des services médicaux pour les personnes atteintes de maladies chroniques. L’une des plus grandes attractions est un séjour bénéfique pour la santé des malades avec des troubles respiratoires et des allergiques dans la salle du « Lac Wesse » à une profondeur de 135 m, où l’on propose aux asthmatiques une cure de 14 jours, consistant en une hyperventilation des voies respiratoires. La mine de sel de Wieliczka, près de Cracovie, après 700 ans d’exploitation a suspendu son activité principale d’extraction du sel, et est devenue aujourd’hui un monument précieux, inscrit sur la liste du patrimoine mondial, culturel et naturel de l’UNESCO.

Les stations thermales polonaises et autres instituts d’hygiène et de beauté  ont des atouts indéniables. Il permettent l’association du traitement médical aux soins de beauté et de relaxation. Ils proposent également un riche éventail de soins utilisant les méthodes les plus modernes de traitement médical, mais aussi des domaines de la diététique, de la cosmétologie et des soins de beauté. Chacun de ces établissements dispose d’une équipe de médecins, cosmétologues et spécialistes de la réadaptation très compétents, et un appareillage moderne et des installations de réadaptation misant sur les exercices de motricité.

A l’occasion de la tenue du Salon International de l’Equipement Hospitalier et Médical en décembre 2009 le Service de la promotion de l’ambassade de Pologne avec les organisateurs du SIEHM ont invités à une conférence le professeur Romuald CICHOŃ, éminent cardiologue polonais, Président du Centre des Maladies Cardiaques MEDINET de Basse Silésie en Pologne et chef de l’équipe des cardiologues polonais, exerçant depuis février 2007 à la clinique des « Oasis » à Ghardaïa. Le professeur R. Cichon a partagé son expérience professionnelle avec ses collègues algériens et a apporté une crédibilité supplémentaire aux échanges et à la coopération dans le domaine médical entre la Pologne et l’Algérie.

Parmi les domaines, services et produits pour lesquels les compagnies polonaises, cherchent actuellement des partenaires en Algérie, figurent aux premières places les compagnies suivantes :

  • CORMAY S.A. fabricant et distributeur de réactifs diagnostiques et d’instruments pour la chimie clinique et pour l’hématologie;
  • CHM  leader en Pologne dans le développement, la production et la distribution des implants et des outils pour l’orthopédie et la traumatologie;
  • IMPULS PIW  depuis plus de 20 ans fabrique des produits chimiques écologiques, bio dégradables pour l’hygiène en médecine, services vétérinaires et pour la production d’alimentation; active pour le soutien du traitement des personnes souffrant de néphrologie. Impuls Piw fabrique des équipements innovants qui amplifient l’efficacité des procès de désinfection et de stérilisation utilisée dans des secteurs tels que les stations d’hémodialyse, les hôpitaux, clinques, cabinets médicaux. La société est par ailleurs intéressée par la création d’une société mixte algero-polonaise, qui selon ses propres technologies, fabriquera des produits chimiques pour l’extraction du pétrole et du gaz, pour l’industrie pétrochimique, des machines et équipements pour les stations d’hémodialyses, les hôpitaux et les cliniques, des produits de nettoyage et de désinfection pour la médecine et le secteur agroalimentaire;
  • BIOWET DRAWALEW S.A. fabricant de médicaments vétérinaires, spécialisée dans la production des chemothérapeutiques et des bios préparations comme sérum et vaccin, des préparations de vitamines et de minéraux ;
  • MEDICAFORMA  fabricant de substituts et additifs pour la nutrition humaine;
  • Des laboratoires pharmaceutiques comme POLFARMA, ou LEK-AM– fabricants d’une large gamme des génériques;
  • FAMED  grand fabricant de matériel médical.

 

La Pologne compte également des grand fabricants de cosmétiques à l’envergure internationale, intéressés par le marché algérien, dont OCEANIC S.A, ZIAJA, LABORATOIRE KOLASTYNA.

 

Voici les coordonnées du Service du commerce et des investissements de l’ambassade de Pologne à Alger:

 

POLOGNE – Ambassade de Pologne

Responsable: M. Jaroslaw Jaroszewicz, Conseiller

Service de la Promotion du Commerce et des Investissements

4ter, rue Rabah Bourbia, BP No 148, 16606 El Biar, Alger

Téléphone: +213 (0) 21 921706/ 21 921828

Télécopie: +213 (0) 21 921622

Entretien avec Mlle Nawel Nessah, Directrice Commerciale de Lab El Med

Sollicitée à la veille de la tenue du Salon International de l’Equipement Hospitalier et Médical (SIEHM 2011) qui se tient du 05 au 09 avril à la SAFEX d’Alger, et auquel son entreprise participe, la Directrice Commerciale de Lab El Med Mlle Nawel Nessah, a eu l’amabilité de répondre aux questions de La Gazette de la Santé. Dans cette interview, elle décrit la société qu’elle représente, la gamme avec toute la variété de produits commercialisés en Algérie ; Elle parle aussi  des difficultés et des contraintes vécues sur le terrain sensible qu’est l’importation de l’équipement médical.

Entretien.  

La Gazette de la Santé : Pourriez-vous nous présenter votre société Lab El Med ?

 Mlle Nawel Nessah : Lab El Med, Laboratoire de l’Electronique Médical, est une société d’importation, de distribution et de maintenance d’équipements médicaux. Elle est spécialisée dans l’imagerie médicale depuis plus de 12 ans.

Lab El Med représente deux sociétés à titre exclusif en Algérie : la société Stephanix, concepteur et fabricant français depuis 1987 des systèmes d’imagerie conventionnels, et numérisés et la société américaine HOLOGIC, leader mondial et promoteur des techniques de pointe dans la mammographie -analogique ou numérique – pour la détection et le diagnostic du cancer du sein et l’ostéodensitométrie pour la détection de l’ostéoporose.

Nous représentons également la société MINDRAY pour l’ultrason (Echographes et echodopplers), une grande société chinoise cotée à la bourse de New York.

Nous distribuons aussi les systèmes de développement automatiques et numérisés de la société AGFA (Allemagne) ainsi que les panoramiques dentaires de la société SOREDEX (Finlande).

Et qu’en est-il du réseau de distribution de Lab El Med ?

Les équipements commercialisés par Lab El Med sont implantés pratiquement sur tout le territoire national, que ce soit dans le  secteur étatique de la santé (DSP, CHU, EPH, EPSP), le secteur public (CNAS, Mutuelle, DGSN,….) ou dans le secteur privé (Centres d’imagerie, cliniques, cabinets privés,…).

Lab El Med est présente au Sud et à l’Est du pays grâce à une représentation basée à El Oued où nous disposons d’une équipe chargée des interventions et des suivis techniques.

Nous avons également une représentation à l’Ouest, plus précisément à Sidi Bel-Abbes. Il ne faut pas oublier évidemment nos bureaux et ateliers qui se situent à Alger.

 Nous possédons dans plusieurs gros centres d’Algérie des démarcheurs et techniciens de maintenance avec qui nous avons des conventions.

Toute entreprise a son crédo, quel est celui de Lab El Med ?

A Lab El Med nous considérons que le service après vente (SAV) est un point fondamental de notre politique et de notre action. Notre expérience nous a, en effet, prouvé que le maintien en fonctionnement permanent et durable des équipements de radiologie, contribue à la préservation de la santé de l’être humain. Le SAV doit s’appuyer sur une ressource humaine solide et compétente pour assurer une maintenance sûre et efficace.

 Rencontrez-vous des difficultés et des obstacles dans votre activité ?

Nous connaissons des difficultés au niveau de l’importation. Ces difficultés se sont en plus  considérablement  accentuées par de très sérieuses difficultés financières suite à la mise en application des dispositions de la loi des finances complémentaires 2008 et des récentes instructions de la Banque d’Algérie aux banques commerciales.

Les premières difficultés découlent des décisions prises par les douanes algériennes obligeant les importateurs à recourir au container ce qui implique le groupage. Cela se répercute sur un rallongement considérable des délais d’acheminement et de séjour au large et sur le port d’Alger induisant des surcoûts appréciables.

L’obligation de la lettre de crédit pour nos opérations d’importations a pour première conséquence un surcoût : Frais liés à cette opération, coût élevé du crédit induit, problèmes de trésorerie insurmontables, en raison notamment de la décision de la Banque d’Algérie sur les lettres de crédits documentaires dont les délais de paiement ne doivent plus dépasser 60 jours.

Il faut aussi signaler que dans le cadre de la pratique de la lettre de crédit, l’importateur a les mains liées face aux fournisseurs dans les cas de litiges : Durant les 2 années d’expériences vécues à l’ombre des lettres de crédit, Lab El Med a connu de tristes expériences.

Nous avons l’obligation de citer les très graves difficultés de recouvrement des créances détenues de certaines structures étatiques avec l’intervention «ralentissante» des trésoriers.

Toutes ces difficultés se répercutent  bien évidemment sur les délais de livraison pour nos clients ainsi que sur nos interventions de maintenance.

Néanmoins, la loi des finances en instaurant le certificat de contrôle de qualité a permis d’éviter que l’Algérie soit un dépotoir de produits non-conformes.

Vous participez au SIEHM 2011 qui s’ouvrira bientôt à Alger. Quelles sont les objectifs recherchés à travers cette participation et quelles sont vos attentes de ce rendez-vous professionnel ?

 J’aimerai rappeler que Lab El Med a toujours pris part aux manifestations médicales notamment le SIEHM. Notre participation s’inscrit dans une politique de marketing et de promotion pour les produits que nous représentons ici en Algérie. Ce rendez-vous économique nous permet de faire découvrir notre gamme de produits, ainsi que les différentes techniques d’évolution existantes et pratiquées dans l’imagerie telle que la numérisation directe à capteur plan CANON, à travers le monde, en essayant d’aider au mieux les praticiens dans l’interprétation et le diagnostic et répondre ainsi aux besoins du corps médical.

C’est donc une opportunité pour nous de conquérir et de consolider notre présence sur le marché algérien de l’équipement médical.

 On vous laisse le soin de conclure

Le slogan de Lab El Med est «La santé investit dans la qualité» ; Il est de notre devoir d’essayer de contribuer du mieux qu’on peut ne serait ce que modestement au développement du secteur de la santé dans notre pays. Nous devons consolider nos efforts en se focalisant que sur un seul objectif : Mettre à la disposition des praticiens des techniques performantes et évolutives pour le bien être du malade.

Nous espérons aussi qu’il y’ait plus de souplesse et de facilités pour les importateurs d’équipements afin de leur permettre d’exercer leur activité dans de bonnes conditions, de collaborer et  d’outiller le secteur de la santé et l’aider au mieux à dépister les maladies tel que le cancer du sein qui ne cesse de proliférer.

 

Entretien réalisé par AH. M et Hind Hazi

Surdité : une prothèse auditive dans la bouche

Basée sur la conduction osseuse des sons, cette prothèse devra franchir bien des étapes avant d’être commercialisée.

Désormais, un appareil auditif pourra être placé dans la bouche © Sonitus Medical

Une société américaine vient d’annoncer la commercialisation future d’un appareil auditif placé dans la bouche. Puisque les scientifiques savent depuis longtemps que les os sont de très bons conducteurs d’ondes, les chercheurs ont développé un appareil qui se place sur les molaires supérieures, à gauche ou à droite selon le côté des troubles auditifs.

Le SoundBite -c’est son nom- est relié sans fil à un micro qui se positionne sur l’oreille, sur une paire de lunettes ou un badge/pin’s. Il transforme les sons captés en vibrations imperceptibles envoyées à la cochlée via les dents et l’ossature dentaire.

« Un tel système de stimulation par la conduction osseuse existe en France depuis une vingtaine d’années », rappelle le Pr Bernard Fraysse, chef du service d’ORL à l’hôpital Purpan de Toulouse. Quand l’oreille interne fonctionne bien mais que le problème vient du conduit auditif externe ou du tympan, il est parfois impossible d’opérer ou de proposer une prothèse conventionnelle. Les spécialistes n’ont pas d’autre solution que d’utiliser cette fameuse conduction osseuse qui est directement liée à l’oreille interne.

Une vis dans la mastoïde

« Pour faire du bruit avec un grelot, il y a 2 possibilités, explique le Pr Bruno Frachet, chef du service ORL à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) : soit faire bouger la petite pierre qui est à l’intérieur pour qu’elle aille taper sur les parois, soit agiter les parois pour que la pierre entre en contact avec elles. La conduction osseuse, c’est un peu la deuxième façon. Faire vibrer les os du crâne engendre une sensation sonore parce que les cellules nerveuses à l’intérieur de l’oreille se trouvent en mouvement relatif par rapport à l’os. »

Actuellement, les spécialistes stimulent cette conduction en plaçant, sous anesthésie locale, une vis dans la mastoïde (l’os derrière l’oreille) sur laquelle est cliqué un appareil externe (appelé BAHA, muni d’un micro et d’un amplificateur). Entre 600 et 700 personnes bénéficient de cette technique en France chaque année. Ce sont, le plus souvent, des enfants nés sans oreille externe, des patients qui ont perdu une oreille à la suite d’un cancer, d’un traumatisme ou d’une maladie entraînant le fermement du conduit auditif externe.

Audition en stéréo

Ce type d’équipement, qu’il soit unilatéral ou bilatéral, restaure l’audition en stéréophonie. « Cela permet d’entendre dans le bruit, de distinguer la mélodie et les émotions ; c’est aussi important que la couleur pour la vision », affirme le Pr Fraysse. Malgré tout, la perception est un peu modifiée. « Il faut savoir que, lorsque l’on parle, on s’entend à la fois par l’extérieur (conduction aérienne), mais aussi en conduction osseuse car les bruits de la bouche et du larynx sont transmis par les os du crâne à l’oreille, ajoute le Pr Frachet. Et si l’on ne reconnaît pas sa voix quand elle a été enregistrée, c’est que la part de la conduction osseuse n’existe plus. »

En pratique, tous les systèmes utilisant la conduction osseuse sont efficaces et rendent de très grands services. Le nouvel appareil fixé dans la mâchoire est actuellement en phase d’expérimentation clinique aux États-Unis. Avant d’être commercialisé en France, il devra obtenir le marquage CE prouvant l’absence de risque puis satisfaire à des tests sur son efficacité. De plus, cette prothèse fixée sur les dents ne devra pas gêner la mastication ni être désagréable à porter.

In Le Point.fr

Une prévalence de 37 à 40 cas de tuberculose pour 100.000 habitants en Algérie

Le taux de prévalence de la tuberculose en Algérie atteint les 37 à 40 cas pour 100.000 habitants, a fait savoir jeudi 24 mars 2011 à Alger le ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière,  M. Djamel Ould Abbès, tout en l’estimant conforme aux normes internationales.

En Europe, le taux de prévalence de la tuberculose se situe actuellement entre 25 et 30 cas pour 100.000 habitants soit un peu moins qu’en Algérie qui, à l’indépendance en 1962, comptabilisait 170 cas pour 100.000 habitants, a expliqué le ministre.

Pour M. Ould Abbès qui s’exprimait à l’occasion de la journée mondiale de la tuberculose célébrée le 24 mars de chaque année, la baisse du taux de prévalence de la tuberculose en Algérie n’est pas le fruit du hasard mais «résulte des efforts publics consentis en matière de traitement et de prévention de la maladie, notamment grâce à la gratuité des vaccins».

Afin de réduire la population de tuberculeux et améliorer leur prise en charge, le ministre a estimé «nécessaire» une campagne médiatique, impliquant tous les supports, pour la sensibilisation du large public autour d’une maladie qui, a-t-il commenté, si elle «ne constitue pas un fléau est toujours là».

Maladie infectieuse et hautement contagieuse, la tuberculose ne touche pas uniquement les poumons mais aussi d’autres organes dont le coeur, les reins, les os et la peau, signale le ministre qui parle de renforcement programmé des moyens de prévention et de dépistage.

Assurant que le stock de vaccins était suffisant pour une période de six mois, M. Ould Abbès a appelé à «la conjugaison des efforts de tous les acteurs de la santé» en Algérie pour enfin vaincre cette pathologie grave mais heureusement la plupart du temps guérissable.

APS